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La gauche gagnante oui mais… Trop d'abstention, beaucoup trop

En regard du débat démocratique on pourrait dire que la gauche gagne parce qu’elle perd beaucoup moins que la droite… franchement cela relativise mon humeur et je m’inquiète de l’engagement politique des citoyens…

Alors mes deux messages personnels :

Tous sur le pont cette semaine pour amplifier les résultats de la gauche au 2ème tour. Il est impératif d’augmenter encore l’écart entre la gauche et la droite afin de montrer que nous avons soif de justice sociale, que nous tenons à nos service publics, que nous voulons une France solidaire.

Après ces élections, il est évident que la gauche doit, et en premier lieu le parti socialiste, aller chercher la masse des citoyens déçus, il faut ouvrir nos portes et nos fenêtres pour aller chercher le peuple désenchanté par les politiques, il faut faire participer les citoyens en les invitant à nos débats de société et surtout en les écoutant, il faut redonner envie aux français de s’occuper de leur cité, de leur Avenir

En tout cas, moi je suivrai ceux qui ont cette réelle ambition et cela justifie mon engagement au sein de Désirs d'Avenir

Martial

Et si on mangeait moins de viande pour permettre à ceux qui n’en mange pas d’en manger un peu…

Article trouvé sur “notre-planète.info”

Stabiliser la consommation mondiale de protéines d'origine animale est indispensable

On l'ignore souvent mais L'élevage, qui regroupe au total plus de 20 milliards d'animaux, est responsable de 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre, davantage que les transports, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Il est, de plus, responsable d'autres dégradations : pollution des eaux, érosion des sols, perte de biodiversité…

Les éructations des ruminants produisent 37 % du méthane émis du fait des activités humaines. Le potentiel de réchauffement global du méthane est 23 fois supérieur à celui du CO2. Le stockage et l'épandage de fumier sont responsables de 65 % des émissions d'oxyde nitreux, le plus puissant des gaz à effet de serre. La déforestation pour convertir des terres en pâturages ou en cultures fourragères (destinées à l'alimentation du bétail) est responsable de 9 % des émissions de CO2. Selon la FAO, 70 % des terres autrefois boisées d'Amérique du Sud sont aujourd'hui consacrées à l'élevage.

L'interprofession bovine, répondant à ces arguments, souligne à juste titre que dans la majorité des élevages en France, les vaches sont nourries à l'herbe, un mode d'élevage respectueux de l'environnement, qui ne concurrence pas l'alimentation humaine et permet de séquestrer du carbone. La consommation de viande dans le pays est, par ailleurs, en baisse : elle est passée de 150 grammes par jour en 1999 à 117 grammes en 2007. Dans les pays développés, cette consommation de viande est stabilisée autour de 200 grammes par jour.

Mais le problème vient des pays en voie de développement où la consommation moyenne de viande ne cesse de progresser depuis 40 ans, passant de 70 à 110 grammes par jour. La production de viande capte en outre des ressources considérables en terres et en eau. Elle mobilise 70 % des terres arables. Environ 9 % des quantités d'eau douce consommées chaque année y sont consacrées. Dans toutes leurs projections, les experts désignent l'augmentation de la demande de viande comme un des principaux facteurs des pénuries à venir. Or la consommation de produits carnés connaît une croissance très forte au niveau mondial. Relativement stable dans les pays développés (autour de 80 kg par an et par habitant), elle augmente fortement dans les pays en développement, à mesure que la population croît, mais aussi que l'urbanisation et les revenus progressent.

[…] Déjà, quelque 40 % des céréales cultivées dans le monde sont destinées à alimenter le bétail. Selon les projections de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), pour répondre à la demande, la production mondiale de viande devra doubler d'ici à 2050, passant de 229 à 465 millions de tonnes.

Dès lors, une question se pose : où ferons-nous pousser les céréales pour nourrir tous les animaux nécessaires à la consommation de viande ? Si la tendance actuelle se poursuit, on peut en effet s'attendre à avoir une concurrence entre alimentation animale et humaine. Le dernier rapport de la FAO (septembre 2009) vient conforter ces craintes : il rappelle que, pour nourrir les 2,3 milliards d'humains supplémentaires que comptera le terre d'ici 2010 il faudra augmenter de 70 % la production agricole de la planète et cela sans tenir compte de l'essor des biocarburants. Pour y parvenir, deux solutions doivent être combinées : améliorer les rendements des productions et accroître les surfaces cultivées.

Aujourd'hui, environ 1,5 milliard d'hectares, soit environ 10 % des terres émergées, sont cultivés. Quelque 2,7 milliards d'hectares pourraient l'être également. Mais, comme le note la FAO : ces surfaces se situent pour la plupart en Amérique latine et en Afrique subsaharienne et ont “d'importantes fonctions écologiques”. Elles contribuent notamment, en tant que « puits de carbone » à limiter le réchauffement climatique.

L'agence des Nations unies pense donc que c'est plutôt l'intensification des modes de production, qui devrait permettre de couvrir, selon elle, 90 % des nouveaux besoins. Mais cela ne sera pas facile car la croissance des rendements a considérablement ralenti, ces dernières années, dans de nombreux pays. Pour les céréales, ce taux de croissance est ainsi passé, selon la FAO, de 3,2 % dans les années 1960 à 1,5 % dans les années 2000.

Une autre étude prospective réalisée conjointement par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad), estime que la planète serait capable de nourrir tous ses habitants en 2050, sans mettre en péril l'équilibre environnemental de la planète, en associant une réduction des gaspillages et une rupture des habitudes de consommation. Les “disponibilités alimentaires” par habitant seraient alors ramenées à 3 000 calories par jour, dont 500 d'origine animale, contre environ 4 000 actuellement dans les pays développés, dont plus de 1 000 issues de la viande ou du poisson.

[…]  il sera impossible de nourrir correctement les 9 milliards d'habitants de la planète si nous ne remettons pas en cause nos modes de vie et de consommation. Nous devons absolument parvenir à stabiliser au niveau mondial notre consommation de protéines d'origine animale.Cette stabilisation est tout à fait possible et peut se faire de manière progressive, de manière à laisser le temps aux industries agroalimentaires concernées de s'adapter à cette nécessaire mutation. Il ne s'agit pas de tous devenir végétariens ou de prôner des discours intégristes en matière alimentaire mais d'opter progressivement pour une consommation alimentaire plus diversifiée et surtout plus modérée de protéines animales qui aura un double avantage : elle limitera sensiblement les émissions de gaz à effet de serre en permettant de nourrir, à surface agricole égale, un plus grand nombre de personnes.
Il est en outre scientifiquement démontré qu'une consommation raisonnable de protéines animales et notamment de viande rouge, est bénéfique pour la santé. Ces changements ne doivent bien entendu pas être imposés mais doivent résulter de prises de conscience personnelles. Nous devons y réfléchir et nous y préparer dans l'intérêt de notre planète.

La fin de la politique !

Merci à Gaëtan Gorce :

Si l'on veut bien considérer la politique comme le moyen offert au citoyen de choisir, au terme d'un débat argumenté, la solution qu'il préfère aux problèmes du pays, force est de constater alors qu'elle ne cesse de reculer.

La qualité de la délibération est pourtant consubstantielle à la démocratie : c'est elle qui permet d'intégrer les différents courants d'opinion dans les institutions ; c'est elle qui permet d'éclairer chacun d'entre nous sur la complexité des décisions à prendre ; c'est elle qui permet de dépasser les réactions passionnelles pour se placer dans une perspective plus large, plus longue, plus raisonnée. Or, à cette aune, comment ne pas noter (ni dénoncer) la régression qui s'effectue sous nos yeux et dont les responsables politiques sont de plus en plus souvent les principaux coupables.

L'invective, voire l'insulte, jusqu'alors réservées aux partis extrêmes, sont ainsi devenus monnaie courante : les jeunes de banlieue sont traités de racaille, le porte-parole de l'UMP recommande à la psychiatrie une dirigeante du PS et le porte parole de celui-ci qualifie de « canaille »le patron de Pôle emploi. Sans parler d'un élu un moment soupçonné par la justice et qui s'estime autorisé à menacer grossièrement les dirigeants de son propre parti. Cette dépolitisation du débat est aussi sensible dans l'usage déplacé des comparaisons et des références historiques : quoi que l'on en pense Sarkozy n'est pas Pétain ni Besson Laval ou Déat sauf à se moquer de l'Histoire, à banaliser ses drames, à mépriser ses victimes.

Cette dépolitisation à certes été amorcé par le Président de la République lui même qui trouve dans cette simplification du débat et cette radicalisation un terrain propice. Voulant ramener la vie politique à ses seuls faits et gestes, délayant à longueur de discours un patchwork idéologique sans queue ni tête destiné à faire valoir son « pragmatisme », il raffole des quolibets, des déclarations tapageuses qui l'aident dans son opération, menée de longue main, de brouillage des codes, des références et des frontières.

Aussi la Gauche devrait-elle effectuer « un arrêt sur images » pour mesurer combien elle se dessert et dessert la démocratie en se laissant aller à la polémique, à l'exploitation systématique de dossiers douteux (la grippe H1N1 en est un exemple), en ne tenant pas sa langue pour le plaisir d'un bon mot.

Refaire de la politique , c'est rappeler patiemment les termes de chaque débat , recourir a la pédagogie et préférer la proposition à l'accusation. A défaut , nous nous laisserons entrainer sans espoir de retour, compte tenu du désarroi de nos concitoyens , dans ce qu'Alain Duhamel a appelé une « berlusconisation » de la vie politique et qui n'est que la « fin » de la politique… au sens noble du terme!

Gaëtan Gorce 

Que 2010 soit une année de joie, de fraternité et d’amour !

On nous annonce une économie fébrile, on nous annonce un chômage persistant, on nous annonce des conflits ici ou là…

On ne nous annonce pas plus de pouvoir d'achat, on ne nous annonce pas le début de la baisse des émissons de CO2…

Alors pour 2010, quelques soient nos difficultés, qu'en Afrique, en Asie, en Océanie, en Amérique (Nord et Sud) et partout ailleurs même chez nous en Europe, nous soyons rassemblés au nom de la fraternité, de l'amour. Que la compassion, la solidarité, l'entre-aide, l'humanité dominent nos pensées et nos actions. Que nos regards, nos coeurs se tournent vers les plus démunis, vers les plus délaissés, vers tous ceux qui ont besoin de nous, de notre force, de notre énergie.

J'ose : en 2010 aimons-nous les uns les autres !

Et les voeux de Ségolène Royal :

 

♡♡♡

Joyeux Noël !

Que cette journée vous permette d'oublier les soucis de la vie, vous permette d'être proche de votre famille, de vos amis.

Si en ce jour vous vous sentez seul, sachez que nous sommes jamais seul, nous sommes un tout, nous sommes liés. Et en ce jour il y aura toujours quelqu'un pour penser à vous, comme vous, j'en suis sûr, vous penserez aussi à quelqu'un ; peut-être à un proche d'infortune ou à quelqu'un très éloigné qui ne vous a jamais vu et qui fait aussi, au-delà de nos mers, de nos montagnes parti de la chaîne humaine.  

Athée, je vous souhaite à toutes et tous un joyeux Noël !!!

Martial

Et si on parlait enfin des vraies solutions face au réchauffement

Article trouvé sur le site “Bastamag.net” écrit par Sophie Chapelle :

Pendant que les chefs d’Etat discourent indéfiniment et compromettent l’avenir de la planète, des mouvements et collectifs tentent d’agir concrètement. Les propositions, initiatives et expérimentations en faveur d’une société plus écologique et plus juste socialement ne manquent pas. Passage en revue de quelques-unes de ses « vraies » solutions au changement climatique, présentées à Copenhague par des citoyens ou des associations.

« Les vraies solutions ne sont pas dans l’agenda des négociations officielles », assène Naomi Klein, journaliste et altermondialiste canadienne, sur la scène du sommet alternatif à Copenhague. C’est en arpentant les rues à l’extérieur du Bella Center que l’on croise des militants venus du monde entier témoigner d’alternatives locales et mondiales.

Manger moins de viande

Kathy Bai se tient chaque jour à l’entrée du Bella Center. Son credo : une loi « pour le végétarisme ». Elle offre un sandwich végétal à toutes celles et ceux prenant le temps de s’arrêter : « L’industrie du bétail est responsable d’au moins 50 % du réchauffement climatique. 80 % des enfants souffrant de la faim vivent dans des pays qui exportent des aliments pour nourrir les animaux d’élevage des pays développés », assène-t-elle à ses interlocuteurs. Le végétarisme est pour elle « la première manière de stopper la faim dans le monde et le réchauffement climatique ».

Kathy peine à se faire entendre dans son pays - les Etats-Unis - comme au Danemark, qui exporte plus de 85% de sa production de porc. Largement nourris au soja génétiquement modifié selon la Via Campesina, ces élevages de porcs illustreraient « un modèle de gaspillage, de profit et de destruction environnementale et sociale [qui] a fait son temps ». Alors que des alternatives à l’alimentation à base de soja transgénique existent (comment se nourrir sans soja OGM ?).

Agriculture paysanne, droit à la terre et semences locales

En réponse à ce modèle, des paysans ne cessent de manifester pour la souveraineté alimentaire. Autrement dit, le droit des paysans de nourrir le monde et de se nourrir eux-mêmes. « Une conversion massive de la monoculture industrielle à l’agriculture paysanne durable et le développement des marchés locaux permettraient une réduction massive de tous les gaz à effet de serre », assure Josie Riffaud de la Via Campesina, qui regroupe des mouvements paysans du monde entier. Pour Henry Saragih, coordinateur général de ce syndicat paysan, « l’agriculture soutenable c’est aussi l’utilisation des semences locales ». Ces dernières connaissent une appropriation sans borne par les firmes semencières. Selon le rapport 2008 d’ETC Group, dix firmes contrôlent les deux tiers du marché mondial de la semence. « Nous voulons pouvoir conserver, ressemer, échanger et vendre nos semences et nous réclamons aussi le droit à la terre, précise Henry. Sous couvert de l’ONU, les gouvernements ont distribué 9 millions d’hectares dans le cadre de REDD mais sans jamais de compensation pour les personnes expropriées ».

Confier la préservation des forêts aux peuples autochtones

« REDD » est l’acronyme qui revient tout le temps dans la novlangue des négociateurs officiels comme dans les couloirs du Klimaforum. Ce sont les initiales de « reducing emissions from deforestation and forest degradation in developing countries », ou réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement. Une entreprise investissant dans la gestion durable de forêt serait créditée de droits à polluer qu’elle pourrait utiliser ou revendre. La mise en place de ce mécanisme est le seul aspect de la convention climat sur lequel les Etats sont tombés d’accord. Mais pas la société civile : de nombreux militants arborent le T-shirt « no rights = no REDD » (pas de droits = pas de REDD). « Pourquoi ce t-shirt ? Parce que tant que les peuples autochtones ne verront pas leurs droits reconnus dans le mécanisme REDD, nous n’en voudrons pas, précise une militante de la Global Forest Coalition. La solution au changement climatique est dans le respect de la mise en œuvre de leurs droits ».

Les peuples autochtones ne sont pas partie prenantes des négociations alors même qu’ils sont, souvent, les principaux concernés en tant qu’habitants de zones forestières à protéger. Les conventions internationales reconnaissant les droits des peuples autochtones sont pourtant nombreuses : Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), Convention sur la diversité biologique, Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Ces textes peinent à être appliqués à l’échelle locale comme à l’échelle des Nations-unies. Pourtant, quand les peuples indigènes et les communautés locales acquièrent des droits, ils défendent avec succès leur territoire contre l’exploitation commerciale, montre une étude de l’ONG brésilienne Instituto Socioambiantal. Dans l’Amazonie brésilienne par exemple, seulement 1 % des territoires indigènes sont touchés par la déforestation contre 2 % en moyenne dans les aires protégées, et 19 % en dehors des zones protégées.

Un « new deal » moins polluant pour l’acier

« Est-ce que ce monde est sérieux ? », gronde Ange Benjamin Brida venu de Côte d’Ivoire et invité dans une conférence parallèle aux négociations officielles. Membre des Jeunes volontaires pour l’environnement, il est en colère contre « ce monde [qui] a pour l’instant esquivé les questions fondamentales sur le changement des modes de vie. Il nous faut adopter des plans de développement sobres en carbone ». Des mots qui entrent en résonance avec ceux de Joël Decaillon, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES). Cette dernière a organisé du 14 au 16 décembre un pavillon du monde du travail à proximité du Bella Center. « Nous devons accepter l’idée que nous sommes à la fin d’un système, assure t-il. La question qui bloque, aujourd’hui, c’est la transition de la société vers le développement durable. Une transition juste avec des politiques bas-carbone nécessite du temps. Or les temps du capital financier sont courts et il n’en a rien à faire de l’anticipation. » Pour la fédération européenne des métallurgistes qui avait répondu présente à l’invitation de la CES, « un saut technologique, en particulier dans le secteur de l’acier, est nécessaire pour atteindre l’objectif européen de 80% réduction des émissions d’ici 2050 ». L’industrie sidérurgique est en effet l’un des secteurs les plus polluants en gaz à effet de serre (voir notre palmarès des entreprises françaises les plus polluantes). Les métallos proposent une nouvelle donne pour l’acier.

Des politiques industrielles « à faible intensité carbone »

Du côté du syndicat européen des transports, on regrette « le manque d’initiatives des entreprises. Nous poussons pour des transports verts pour les passagers comme pour le fret ». « Il faut organiser les salariés dans les secteurs émergents, comme les secteurs de la production d’énergie, afin que les syndicats puissent maintenir leur influence et leur pouvoir de négociation », insiste la fédération des travailleurs européens des mines, de la chimie et de l’énergie. En réponse à la Commission 2020 de l’Union européenne qui propose d’accélérer la conversion vers une économie verte, les syndicats se préparent à une grande mobilisation le 24 mars 2010 sur les politiques industrielles à faible intensité carbone.

Des coopératives de recyclage…

Le secteur de l’économie informel bouge aussi. « Les gens s’organisent au niveau mondial contre le changement climatique et la pauvreté en montant des coopératives de recyclage », témoigne Neil Tangry, membre d’un mouvement mondial pour la récupération. « La récupération, la collecte et le recyclage fournissent de l’emploi à des millions de personnes dans le monde. Même dans les pays développés, recycler fournit dix fois plus de jobs par tonne de déchets que les incinérateurs et l’enfouissement des déchets. Mais au lieu de subventionner le secteur du recyclage, on le privatise et on finance les incinérateurs », regrette t-il.

…Et des villes moins dépendantes du pétrole

« Certaines villes ont pris les devants, on les appelle les villes en transition », indiquent des représentants du mouvement des villes en transition. Initié en Grande-Bretagne, ce réseau vise à rendre les villes et leurs habitants moins dépendants des énergies fossiles à l’approche du pic pétrolier, qui marquera le déclin de la production pétrolière. « Les villes en transition sont une manière concrète pour les individus d’agir sur le climat et le défi du pic du pétrole », explique Ben Brangwyn dans une conférence au Klimaforum. Après la petite ville anglaise de Totnes qui a été la première à entamer une politique de transition, on compte aujourd’hui plus de 130 villes en transition dans le monde, principalement au Royaume-Uni et en Irlande, mais aussi en Amérique latine et aux États-Unis.

« Ce sont les habitants qui définissent les solutions qu’ils souhaitent mettre en place. “Le plan de descente énergétique” passe par la multiplication des liens entre acteurs locaux, s’appuyant sur une relocalisation de toutes les activités qui peuvent l’être », témoigne Ben. La mise en place de monnaie locale permet par exemple de faire ses achats chez les commerçants partenaires du projet. Un bon début pour « changer son rapport à la vie », bien loin des préoccupations des chefs d’Etat et de gouvernement qui négocient pourtant notre avenir. Heureusement, les citoyens ont des initiatives et de l’imagination à revendre.

Sophie Chapelle

Uniquement pour mettre nos pendules industrielles à l’heure…

Dates d'épuisement des richesses exploitables de notre planète au rythme actuel de consommation

TERRIBLE ECHEANCIER

2012 : fin du terbium

2018 : fin du hafnium

2021 : fin de l'argent

2022 : fin de l'antimoine

2023 : fin du palladium

2025 : fin de l'or

Fin du zinc

Fin de l'indium

2028 : fin de l'étain

2030 : fin du plomb

2038 : fin du tantale

2039 : fin du cuivre

2040 : fin de l'uranium

2048 : fin du nickel

2050 : fin du pétrole

2064 : fin du platine

2072 : fin du gaz naturel

2087 : fin du fer

2120 : fin du cobalt

2139 : fin de l'aluminium

2158 : fin du charbon

A quand la fin des haricots?

A ajouter bien sûr à cet échéancier la fin des ressources végétales primaires (70% des espèces d'arbres vont par exemple disparaître avant la fin du siècle) et la fin de la biodiversité.

Franchement si on s'attaquait à un nouveau modèle de société, de vie, afin que nos petits-enfants soient déjà prêts à un monde différent, très différent.

Martial 

Doit-on sortir du nucléaire ?

Beaucoup d'entre nous pense que le choix du nucléaire est une erreur, mais beaucoup pense aussi que c'est le seul moyen efficace pour lutter contre le réchauffement de la planète tout en conservant la notion de croissance économique et encore beaucoup d'autres, comme moi, ont du mal à se faire une idée, une réelle opinion sur ce sujet.

Sur le site “Basta !”, j'ai trouvé un article écrit par Yvan Du Roy  (journaliste aussi à “Témoignage Chrétien”) qui me parait bien fait en voilà des extraits même s'il date de 2006 :

La civilisation pétrolière touche à sa fin. La civilisation nucléaire la remplacera-t-elle ? En l’absence de tout débat public, l’Etat français s’apprête à renouveler le parc nucléaire et à enfouir ses déchets radioactifs. Il est temps que les citoyens s’emparent de cette question et décide, en conscience, de la conduite à tenir. Au nom des générations futures.
Curieuse coïncidence. Alors que l’on s’apprête à commémorer les vingt ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, les Etats-Unis et la Russie proposent aux autres puissances industrielles un « partenariat mondial sur le nucléaire civil ». Les deux anciens adversaires de la guerre froide envisagent de vendre leur technologie nucléaire civile aux pays en développement. Objectif affiché : offrir une alternative au pétrole, permettre aux pays qui en dépendent de faire face à leurs besoins énergétiques en leur évitant de trop contribuer au réchauffement climatique, s’assurer qu’ils ne profitent pas de ce transfert de technologie nucléaire pour fabriquer l’arme atomique.

Comme le monde, la France se retrouve également à la croisée des chemins. Doit-on poursuivre l’expérience nucléaire et remplacer les réacteurs vieillissants par des réacteurs EPR (réacteur pressurisé européen) dont le premier est construit à Flamanville, dans la Manche ? Doit-on prévoir de multiplier les sites de stockage des déchets radioactifs ? L’énergie nucléaire représente aujourd’hui les trois quarts de la production d’électricité hexagonale. Cinquante-neuf réacteurs tournent dans vingt centrales, sans oublier les usines de retraitement et les sites de stockage des matières radioactives. Pourtant, à aucun moment, un débat public sur l’option nucléaire n’a eu lieu. Jamais les citoyens n’ont été consultés pour peser les avantages et les inconvénients du nucléaire et décider en âme et conscience. Il est temps d’ouvrir le débat.

Le nucléaire contre le réchauffement climatique ?

Les centrales ne produisent quasiment pas de gaz carbonique. Elles ne contribuent donc pas au réchauffement climatique, contrairement aux centrales thermiques (charbon, gaz ou fioul). En remplaçant l’actuel parc nucléaire vieillissant par des réacteurs dits de 3ème génération, le fameux EPR, en développant les énergies renouvelables et en modérant la consommation d’électricité, les rejets actuels de CO2 pourraient être divisés, au mieux, par trois, assurent des chercheurs de la Société française d’énergie nucléaire .[…]

[…] Selon les écologistes, l’argument de la lutte contre le réchauffement climatique est un leurre du marketing, pour eux, la solution passe évidemment par les énergies renouvelables.

Que faire des déchets radioactifs ?

Si les centrales nucléaires n’émettent pas de CO2, elles ne sont pas « propres » pour autant. Officiellement, l’industrie nucléaire civile produit chaque année 60 000 tonnes de déchets radioactifs (soit un kilo par an et par habitant). Ces déchets sont divisés en quatre catégories. Les « déchets de haute activité et à vie longue » sont les combustibles usés provenant directement du réacteur, tel le plutonium, l’uranium ou l’iode, dont la très forte radioactivité se perpétue sur des dizaines de milliers, voire plusieurs millions, d’années. En 2010, le stock de ces déchets atteindra 2 500 m3, selon la Direction générale de l’énergie et des matières premières. Les « déchets de moyenne activité à vie longue » sont vingt fois plus nombreux. Ils sont constitués de matériaux utilisés dans les centrales et fortement irradiés. Ce sont ces deux catégories de déchets que l’on envisage d’enfouir dans un lieu de stockage géologique, à Bure (Meuse), sous plusieurs centaines de mètres d’argile.

Hervé Nifenecker assure que le stockage, dans des sites géologiques bien étudiés, ne comporte « a priori » qu’un risque « extrêmement faible ». […] Reste que le choix de l’enfouissement sonne comme un acte de refoulement, d’oubli. Qui saura, dans plusieurs centaines d’années, qu’il a sous ses pieds une vaste poubelle nucléaire ? N’est-ce pas une trop lourde menace pour les générations futures ? « C’est un poids bien moins lourd que le CO2 envoyé dans l’atmosphère. Comparé aux problèmes que pose le gaz carbonique, il est incroyable de mettre ces déchets en balance », répond sans détour l’ingénieur à la retraite.

Le CEA espère aussi pouvoir recycler une partie des combustibles usés, et même en réduire la radioactivité, grâce à la « transmutation ». En attendant la réalisation de ce grand rêve d’alchimiste (transformer l’uranium en plomb), ces déchets sont entreposés dans l’usine de retraitement de La Hague et dans l’usine d’extraction du plutonium de Marcoule (Gard) qui est en cours de démantèlement (jusqu’en 2040).

[…] On comptera également en 2010 près d’un million de mètres cubes de « déchets de faible et moyenne activité à vie courte » - vêtements de protection, outils, matériaux et liquides utilisés dans les centrales. Ils sont incinérés, enfermés dans des compartiments bétonnés et stockés en surface, à Soulaines et à Morvilliers (Aube), jusqu’à ce qu’ils perdent de leur dangerosité, d’ici trois cents ans… Enfin, les 110 000 m3 actuels de « déchets à très faible activité » devraient augmenter au rythme du démantèlement des installations nucléaires.

Le nucléaire peut-il être synonyme de sécurité ?

Les centrales françaises sont sûres. Jusqu’à preuve du contraire… […] Le principal problème du parc nucléaire français est aujourd’hui son vieillissement. La première centrale de 2ème génération a été mise en service en 1977 à Fessenheim (Haut-Rhin). La durée de vie de ces centrales, liée au taux d’irradiation de la cuve de confinement qui contient le réacteur, a été allongée de trente à quarante ans. Ce vieillissement s’accompagne, depuis 2002, de restrictions budgétaires dans la gestion des centrales EDF et d’un recours de plus en plus important à des sous-traitants pour assurer la maintenance.[…]

[…] Le vieillissement des centrales, la privatisation partielle d’EDF soumise aux contraintes financières liées à la concurrence, le malaise des salariés du nucléaire face à l’évolution de leurs métiers, sont autant de facteurs aléatoires dans un domaine qui ne devrait en souffrir aucun. Un enchaînement d’événements imprévus, et c’est l’accident nucléaire.

Le nucléaire est-il rentable ?

« L’électricité produite en France est actuellement l’une des plus compétitives d’Europe », s’enorgueillit le CEA. Contrairement aux énergies fossiles, dont le prix dépend principalement de celui de la matière première, le coût du nucléaire est fixé en fonction des investissements pour construire une centrale, puis la démanteler. Le prix du combustible, l’uranium, a - pour l’instant - peu d’influence sur le coût final de l’électricité. Même en intégrant les dépenses de recherche, du démantèlement et de la gestion des déchets, la filière nucléaire resterait plus compétitive que le charbon et le gaz. Cette compétitivité est relative : le programme nucléaire civil français n’a été possible que grâce à de faramineuses aides publiques. 47 milliards d’euros de subventions ont, par exemple, été versés au CEA, de 1946 à 1992, rien que pour la recherche. « Le programme nucléaire en est le principal bénéficiaire, puisqu’il monopolise plus de 90 % de ces budgets de recherche, contre 1 % à 2 % pour les énergies renouvelables », indique le Réseau Sortir du nucléaire. A l’exception de la France, personne ne s’est précipitée sur l’énergie nucléaire. Les Etats-Unis, pourtant champions de la logique de rentabilité, n’ont pas construit de nouvelles centrales. Ils s’y intéressent à nouveau suite à l’augmentation des prix du baril de pétrole.

La grosse inconnue demeure le coût réel du démantèlement. Celui de l’usine de retraitement de Marcoule « a révélé des coûts exceptionnellement élevés » et celui des centrales de première génération « apparaît beaucoup plus coûteux que prévu », soulignait la Cour des comptes en janvier 2005. Démanteler les vingt réacteurs britanniques coûtera 80 milliards d’euros. Quant au démantèlement du site le plus important, celui de Sellafield, il prendra encore entre 85 et 134 ans… A l’échelle des 59 réacteurs français, l’addition se monterait à 232 milliards d’euros. « Ce sont des sommes inouïes ! Et cela deviendra des déchets nucléaires qu’il faudra ensuite gérer, commente Stéphane Lhomme. « Il faut ramener ce coût à la quantité d’électricité produite, et à son prix, relativise l’ancien ingénieur du CEA. En France, cela fait 4 milliards d’euros par réacteur. Ce dernier ayant une durée de vie d’environ 40 ans, nous aurons, au pire, une augmentation de 30 % du prix de l’électricité. De plus, les réacteurs britanniques sont constitués de graphite. La gestion de ces quantités énormes de graphite et de carbone 14 entraîne un surcoût. Pour les réacteurs français, à eau pressurisée, la dépense devrait être moindre. » Pour le démantèlement de ses centrales, EDF avait provisionné 23,5 milliards d’euros en 2003, selon la Cour des comptes, soit un peu plus de 10 % du montant nécessaire. « Ces réserves, il faut les gérer et ne pas s’apercevoir que la somme a disparu. Le mieux, c’est qu’elle soit confiée à un organisme public qui fasse fructifier cet argent sans risque », souhaite Hervé Nifenecker. Pour développer les énergies renouvelables ?

Le nucléaire, indispensable recours ou mortelle alternative ?

Le prix du baril de pétrole augmente, la consommation d’énergie progresse et le climat se réchauffe. Certains voient dans le nucléaire un recours pour répondre à la demande énergétique sans aggraver l’effet de serre. Ils font valoir un argument supplémentaire : les possibles progrès technologiques de la filière grâce la « surgénération » réalisable dans les réacteurs de 4ème génération qui seraient plus puissants, plus économes en combustible, et plus sûrs. Mais leur commercialisation ne sera économiquement viable que si le nucléaire civil se développe de manière exponentielle. […] 

En admettant que la technique soit au point, est-il bien raisonnable de créer les conditions économiques pour la surgénération ? La planète compte 440 réacteurs nucléaires. Il en faudrait donc plus de 2000, avec tous les risques sanitaires et la production de déchets radioactifs que cela comporte. Une véritable fuite en avant avec une bonne dose de radioactivité à la clé ! Sans oublier l’approvisionnement en uranium, une ressource non renouvelable, que la France importe à 100 % (ce qui relativise l’idée d’indépendance énergétique associée au nucléaire). Le recours au nucléaire relève d’un choix de civilisation. Un choix qui interroge nos modes de vie, le sens de l’activité économique et le prix à payer pour les conserver tels quels. « Il faudra remettre en cause notre mode de vie. Nous n‘y couperons pas », reconnaît l’ancien ingénieur du nucléaire. « S’il s’agit de consommer et de gaspiller autant, c’est perdu d’avance », ajoute le militant écologiste. Le pro et l’anti-nucléaire ont enfin trouvé un terrain d’entente.

Cela laisse à réfléchir… seulement ?

Martial


 

 

La mer en voie d’épuisement

Voilà un sujet qui fait souvent l'actualité, article trouvé sur L'Alsace.fr :

“Une fois de plus, la FAO a tiré la sonnette d’alarme sur les ressources halieutiques. La pêche industrielle a eu des répercussions calamiteuses sur beaucoup d’espèces (lire les « repères » ci-contre). Ce constat est dressé aussi par la Commission européenne, qui a présenté, la semaine dernière, ses propositions de quotas pour la prochaine campagne.

Malgré une légère amélioration, les quotas sont indispensables pour assurer la survie de certaines espèces. Ainsi le cabillaud de la Manche et de la mer du Nord est particulièrement menacé. Malgré une protection déclarée, il n’aurait jamais été autant pêché que l’an passé ! Dans certains secteurs maritimes, le quota de pêche au cabillaud sera abaissé de 25 %, ce qui risque de déclencher une nouvelle colère chez les pêcheurs.

La pêche intensive n’est pas la seule menace qui pèse sur le poisson. La population humaine investit de plus en plus le littoral. Aujourd’hui, un être humain sur trois vit dans une bande côtière de 60 km de large. Ce peuplement intensif génère pollutions et nuisances, qui pèsent sur la reproduction des espèces. Les récifs de corail et les mangroves sont particulièrement sensibles. Malgré la multiplication des conventions et autres accords internationaux, le danger de voir la richesse marine s’épuiser est bien réel, alors que l’on croyait, jusqu’il y a seulement quelques années, que les océans étaient inépuisables.”

Toujours la même chose “épuisement”, “quotas”, “colère”,”désespoir”, “subventions”… Mais dans le cadre de la protection de notre planète, du développement durable et, j'ose, du nouveau modèle de société pourquoi pas travailler sur l'extension des fermes aquatiques, améliorer leur efficacité. Déjà j'entends “pour nourrir les poissons avec de la farine animale”, “pour ajouter tel produit chimique pour accélérer leur croissance”, etc.  ; mais non, bien entendu avec la recherche de la meilleure qualité en se rapprochant de la culture bio. En France nous avons la chance d'être particulièrement privilégié par la longueur de nos côtes, nous pourrions devenir leader mondial  et nous pourrions exporter notre savoir faire. cela pourrait faire parti d'un programme national, voire régional…

Mais peut-être que tout cela est déjà en cours ?

Martial

 

Politique de civilisation et volontarisme politique

Issu du site national de DA :

Nos amis du PASOK viennent de remporter une belle victoire aux élections législatives grecques, sous la conduite de Georges Papandréou. Le nouveau Premier Ministre a, à plusieurs reprises, accueilli Ségolène Royal en Grèce lors de rencontres de haut niveau mêlant des responsables politiques du monde entier et des chercheurs. En ces occasions, Ségolène Royal a notamment exposé ses conceptions concernant le rôle des socialistes dans un monde dont le modèle de développement a failli, la tâche historique qui devrait être celle de l'Europe dans ce contexte, l'apport d'une démocratie authentiquement et radicalement participative dans une perspective d'intervention des citoyens dans les décisions qui les concernent et d'efficacité des politiques publiques.

Le PASOK lui a demandé un court texte montrant, à travers un exemple concret, ce que peut l'action politique pour inverser la fatalité et anticiper l'avenir. Cette contribution sera publiée, avec d'autres exemples venant d'autres pays, dans un numéro spécial du grand quotidien TO VIMA, tiré à 400.000 exemplaires et conçu avec Republic, le think thank du Parti socialiste grec. Cette édition exceptionnelle vise à nourrir un large débat citoyen dont le nouveau gouvernement de gauche compte s'inspirer pour enrichir ses orientations.

Ségolène Royal a fait le choix d'évoquer le cas précis de la voiture électrique lancée en Poitou-Charentes et de la reconversion de l'entreprise Heuliez:

“Les crises témoignent d'un monde qui n'est plus et annoncent un monde qui n'est pas encore. Tel est le moment historique. L'étroite interdépendance de ce que, par facilité de langage ou paresse de pensée, on nomme communément « les crises » (financière, économique, sociale, écologique, alimentaire, démocratique…) et l'impossibilité de les traiter l'une sans l'autre montrent qu'à un modèle globalement à bout de souffle et facteur d'insécurités multiples, la gauche du 21ème siècle doit opposer ce que le sociologue Edgar Morin appelle une « politique de civilisation ».

Dans cette perspective, c'est de front que doivent être relevés les différents défis qu'une vieille pensée de la société et du progrès cloisonnait à l'excès.
Un exemple : le défi écologique. Impossible d'accomplir cette révolution écologique dont nous savons l'urgence en la cantonnant à une approche artificiellement sectorielle. Une autre conception du développement et une réelle efficacité de la protection de notre environnement, cela veut dire une reconversion radicale de nos économies, des politiques industrielles anticipatrices, un investissement massif dans la recherche et la formation pour stimuler la création d'activités et de manières de produire inédites. Cela veut dire en même temps un enrichissement de notre conception de la justice sociale au-delà la redistribution après coup, certes nécessaire : c'est aussi en amont que des politiques d'égalité réelle doivent intégrer la dimension écologique, avec l'accessibilité des transports publics, la qualité de l'habitat social, l'abaissement des factures des ménages populaires par les énergies renouvelables, la lutte pour la santé au travail industriel et agricole, la réinvention des solidarités Nord-Sud, etc.

Quand j'ai décidé, devant l'indifférence des constructeurs automobiles français, de lancer dans la Région que je préside un appel à projets pour la fabrication d'une voiture électrique bon marché, je l'ai fait pour un faisceau de raisons. Ecologiques : un véhicule affranchi du pétrole et non polluant. Economiques : encourager des entreprises innovantes et reconvertir un équipementier automobile, détenteur d'un solide savoir-faire, qui risquait de disparaître parce que ses donneurs d'ordres l'avaient lâché et que le fatalisme des notables le condamnait. Sociales : transformer des centaines d'emplois menacés en emplois d'avenir et mettre à la portée de tous une voiture à faible coût. Fiscales : favorable à une fiscalité écologique efficace et socialement juste, je me suis opposée à la taxe carbone telle que le gouvernement Sarkozy l'a décidée car, sans voitures électriques à bas prix aujourd'hui disponibles ni transports collectifs adaptés aux milieux péri-urbains et ruraux, où est la liberté de choisir un autre mode de transport que sa voiture individuelle à essence et, pour les familles populaires, d'être écologiquement responsables ?

J'ai voulu que la Région solidifie conjointement l'offre et la demande de véhicules électriques. Avec un coup d'avance, nous avons mobilisé les entreprises sur un projet novateur. Nous sommes entrés au capital de cet équipementier à hauteur de 5 millions d'euros (une première en France !) pour favoriser l'implication de repreneurs privés et obliger l'Etat à faire son devoir en mobilisant son Fonds d'investissement stratégique théoriquement créé pour stimuler la relance. Nous avons pris en charge la sécurisation des parcours professionnels des salariés (formation et garantie de ressources) dans le temps de latence entre la disparition des anciens emplois et la création des nouveaux. En parallèle, nous agissons sur la demande en mobilisant entreprises et collectivités territoriales pour qu'elles achètent ces véhicules électriques et en créant une aide à l'achat pour les particuliers.

Cette implication n'est en rien un retour à « l'économie administrée » de jadis, quand l'Etat se piquait de jouer directement les entrepreneurs. Ce modeste exemple illustre ce que je crois devoir être le nouveau volontarisme de la puissance publique, à l'opposé du pseudo-volontarisme surjoué mais sans résultats de la droite sarkozyste :  répondre aux difficultés d'ici et maintenant en imaginant l'avenir et faire le choix de politiques multidimensionnelles où la justice sociale, toujours, est la condition de l'efficacité économique, écologique et démocratique.”

Ségolène ROYAL

Pour information, extraits d'un article d'Ouest-France” :

Papandréou dans l'action

AFP
Son gouvernement a obtenu, la confiance des députés. Des jeunes, des femmes et un mot d'ordre : haro sur la corruption.

Georges Papandréou a déjà réussi un tour de force. Une quinzaine de jours lui a suffi, depuis son écrasante victoire aux législatives du 4 octobre, pour imposer un new deal à la sauce balkanique.

Il a supprimé les ministères de la mer Égée, de la Thrace et de la Macédoine : ils ne servaient à rien, sinon à renvoyer les ascenseurs de la corruption.

Il a écarté les mastodontes du Pasok (socialiste). À leur place, des jeunes (deux tiers des ministres ont moins de 40 ans) et des femmes (un quart du gouvernement), promues à des postes-clés.

Au premier Conseil des ministres, il avait convié le médiateur des citoyens, qui a décortiqué les dysfonctionnements de l'État et décrit par le menu l'étendue de la corruption.Dans la foulée, des procès bizarrement bloqués depuis des mois se sont achevés sur des condamnations.

Un signe : les voitures ministérielles, c'est terminé ; désormais, c'est minibus et métro pour tous.

La politique par la preuve, j'aime bien…

Martial