“J’estime, quant à moi, que la taxe carbone est économiquement inefficace, socialement injuste, écologiquement punitive !” François Rebsamen




Le sommet de Copenhague en quelques mots

Extraits d'un article sur NouvelObs.com :

Le sommet de Copenhague, qui se tient du 7 au 18 décembre 2009 sous l'égide de l'Onu, vise à trouver un compromis à l'échelle mondiale pour lutter contre le réchauffement climatique. L'accord de Copenhague devra entrer en vigueur le 1er janvier 2013, à expiration des premiers engagements du protocole de Kyoto.

Les enjeux

Pour les pays riches : engagement sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à moyen terme, ainsi que sur un montant - et un système de gestion - de “l'argent du climat” (en milliards de dollars/an d'ici à 2020), nécessaire pour transformer le fonctionnement énergétique des économies et soutenir l'adaptation des pays pauvres.

Pour les grands pays en développement : engagements pour atténuer la croissance de leur propres émissions, en pleine expansion, et traduire ces engagements dans un accord international, sur lequel devrait déboucher la conférence de Copenhague.

Quels sont les objectifs affichés en matière de réduction des gaz à effet de serre ?

La position commune de l'Union européenne :

  • réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% d'ici 2020, et de 30% si un accord international ambitieux peut être trouvé.
  • réduire les émissions mondiales de 80 à 95% d'ici 2050, sans fixer de contrainte, dans le but de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés. L'UE souhaite en outre une réduction de 20% par rapport à 2005 pour les émissions des navires et de 10% pour celles des avions. Les deux secteurs d'activité n'étaient jusqu'alors pas concernés, alors qu'ils constituent à eux deux 8% des émissions mondiales.
  • réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts primaires dans les pays en voie de développement. Elle souhaite également leur préservation et leur gestion durable afin de renforcer leur rôle de puits de carbone.  Les forêts des pays développés ou en transition comme la Russie, la Chine et l'Inde, doivent également être concernées, en “tenant compte de leur âge”.

Les deux principaux pollueurs, la Chine et les Etats-Unis, n'ont pas encore arrêté leurs objectifs quant aux émissions de gaz à effet de serre.
La Chine s'est pour l'instant engagée à réduire la croissance des émissions de CO2 de son pays par point de PIB “de façon notable” d'ici à 2020, sans précisions chiffrées.
Le Sénat américain mène quant à lui des discussions sur un projet de loi démocrate qui affiche un objectif de réduction des gaz à effets de serre de 20% d'ici à 2020, mais par rapport aux niveaux de 2005.
La Corée du Sud a annoncé qu'elle réduirait ses émissions de gaz à effet de serre, promettant de diminuer de 4% sa production de gaz carbonique et d'autres polluants en 2020, sur la base des chiffres de 2005.
Les autres pays d'Asie-Pacifique, qui sont parmi les plus gros pollueurs de la planète, ont de leur côté refusé de se fixer des objectifs contraignants avant le sommet sur le climat.
Le gouvernement brésilien
prendra pour sa part “l'engagement volontaire” de réduire jusqu'à 39% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux prévisions de 2020.
La Russie a revu en hausse son objectif de réduction de ses émissions, à entre 20 et 25% d'ici 2020 par rapport à 1990, contre 15% jusqu'ici.

Quel financement est prévu pour aider les pays pauvres ?

Concernant l'aide nécessaire aux pays pauvres, les dirigeants européens ont fixé l'objectif mondial d'une l'enveloppe de 100 milliards d'euros par an d'ici 2020. Dont une partie importante, évaluée entre 22 et 50 milliards, devra être financée par les pouvoirs publics. Ils n'ont cependant pas chiffré la contribution européenne.

Bras de fer pays riches/pays émergents

Les négociations préparant la conférence de Copenhague achoppent notamment en raison des désaccords qui subsistent entre les pays riches et les pays émergents. Le principal bras de fer est celui qui oppose les Etats-Unis à la Chine.
La Chine est devenue le premier émetteur de dioxyde de carbone (CO2) de la planète, surpassant les Etats-Unis qui restent toutefois le numéro un par habitant. Chine et Etats-Unis, deux gros consommateurs de charbon pour produire leur électricité, comptent pour plus de 40% des émissions mondiales de CO2.
Or, les Américains et les Chinois refusent toute contrainte en matière de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Les Etats-Unis estiment en outre que les grands pays émergents, à commencer par la Chine, doivent être astreints aux même règles que les pays riches. Les Chinois (et les pays émergents en général) considèrent, à l'inverse, que les pays riches, et notamment les Etats-Unis, doivent prendre des engagements supérieurs du fait de leur responsabilité “historique” dans le réchauffement climatique et soutenir financièrement les pays en développement dans ce domaine.

Que restera-t-il de Kyoto après Copenhague ?

L'un des enjeux centraux de la conférence de Copenhague est de renouveler - et surtout de renforcer - les engagements contraignants souscrits à Kyoto pour la période 2008-2012.
Conclu en décembre 1997, le protocole de Kyoto impose aux 37 pays industrialisés qui l'ont ratifié et à l'UE de réduire leurs émissions de six substances responsables du réchauffement, au premier rang desquels le CO2.
Les pays en développement, Chine et Inde en tête, qui en sont exonérés, tiennent à ce protocole qui fait la différence entre les responsabilités et les engagements, d'un côté des pays du nord, qui ont une responsabilité “historique” dans l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère, et de l'autre le reste de la planète.
Mais les Etats-Unis et plusieurs autres pays - Australie et Canada notamment - souhaitent tourner la page de Kyoto.
L'UE martèle pour sa part son attachement aux acquis de Kyoto, tout en soulignant la nécessité de trouver un moyen d'intégrer les Américains, qui ont signé mais jamais ratifié le protocole.


Rappel :

Extrait de l'article 3 du du protocole de Kyoto de 1997 :

…réduire le total de leurs émissions de ces gaz d'au moins 5 % par rapport au niveau de 1990 au cours de la période d'engagement allant de 2008 à 2012.

Premier résultat pour l'année 2008 :

Les émissions mondiales de CO2 ont augmenté en 2008, établissant un nouveau record à près de 10 milliards de tonnes de carbone (GtC) – estimation établie avec une précision de l'ordre de 10 %. Pour en savoir plus sur ce sujet je vous invite à “cliquez ici”.

Eh oui…

Martial

Pour en savoir un tout petit peu plus sur l’emprunt…

Trouvé sur le site “Slate.fr”. Article écrit par Éric Le Boucher,  journaliste français, directeur de la rédaction du magazine économique Enjeux-Les Echos et  co-fondateurs du magazine en ligne Slate.f

Un Grand emprunt pas mal dosé

Les investissements proposées par Juppé et Rocard sont a priori malins, mais la question des déficits reste posée.

La commission du grand emprunt s'en sort au mieux. Non seulement les deux anciens Premiers ministres Juppé et Rocard limitent la casse pour l'endettement du pays, l'emprunt stricto sensu n'atteindrait pas 20 milliards d'euros, mais le choix fait des dépenses est a priori intelligent.On pourra regretter l'idée même du Grand emprunt et trouver néfaste de creuser un déficit qui atteint 8,5% du PIB. On peut regretter que les nouvelles dépenses annoncées ne soient pas compensées par des économies faites ailleurs. On peut aussi trouver insensé l'idée même de ces «dépenses d'avenir», puisque la distinction est infaisable: payer un professeur est préparer les enfants, creuser un tunnel est améliorer la productivité des transports futurs, vacciner la population contre la grippe A est préserver la vie donc l'avenir. On peut souligner, enfin, que d'autres rapports précédents avaient déjà fixé des priorités semblables et que Nicolas Sarkozy aurait mieux fait d'en tenir compte avant. (C'est le cas, pardon, du rapport de la commission présidée par Jacques Attali et auquel j'ai participé).

Mais cela étant dit, on ne peut pas en vouloir à un gouvernement qui investit dans l'éducation, dans le numérique et dans les industries propres. A un pouvoir qui aide l'économie française à «rester dans le coup» de la compétition mondiale, comme dit Alain Juppé.

D'autant que le choix des secteurs aidés est judicieux et pas mal dosé. D'abord, et surtout, l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation comptent pour une moitié: 16 des 35 milliards d'investissements publics préconisés. Enfin un choix est fait et massivement en faveur des universités, parents pauvres des budgets depuis 20 ans! Enfin la France va pouvoir remonter dans les classements mondiaux et se doter des moyens pour attirer les meilleurs étudiants et chercheurs du monde! Nous reprenons une chance dans «la guerre des talents»: c'est décisif.

D'autant qu'une partie des 16 milliards ne sera distribuée que comme un capital, les université regroupées en campus, pourront toucher les intérêts de cette somme et obtenir ainsi un début d'indépendance vis-à-vis des ministères. Tout cela va dans le bon sens.

Ensuite, la «ville de demain» (4,5 milliards), la «société numérique» (4 milliards), le développement des «énergies décarbonées» et «l'efficacité dans la gestion des ressources» (3,5 milliards), la «mobilité du futur» (3 milliards), les «sciences du vivant» (2 milliards) et les «PME innovantes» (2 milliards). Il faut d'abord se féliciter de tout ce qui a été écarté: par exemple les canaux et lignes TGV dont l'effet d'innovation est faible. Pour ce qui reste dans la liste, certains chapitres sembles discutables (comme l'aide à la rénovation thermique des logements sociaux qui relève d'un budget normal) mais tout dépendra du détail. A première vue, l'avion propre du futur, la centrale nucléaire de quatrième génération  ou la voiture électrique s'imposaient. Tout comme le câblage en fibres optiques. Mais il faudra aussi savoir la part des investissements privés qui viendront abonder le financement public, le doubler au total.

Tout cela va prendre beaucoup de temps, donner lieu à beaucoup de discussions. La bonne gouvernance de l'ensemble sera essentielle.

Investir dans ces secteurs est louable, surtout le choix prioritaire de l'enseignement supérieur. Maintenant la question se pose des déficits. Tant que la France ne proposera pas un chemin crédible de retour à l'équilibre, le grand emprunt sera suspect d'être non pas la préparation de l'avenir mais, l'inverse, sa dégradation par laxisme budgétaire.

Eric Le Boucher

Je n'ai personnellement pas d'”a priori” sur ce qui est écrit, c'est pour enrichir le débat sur ce sujet.

Martial

LES MULTINATIONALES CONTRIBUENT A LA FAIM…

La Via Campesina est consternée par l'arrogance du secteur privé et spécialement par celle de Nestlé, lorsqu'ils prétendent apporter des solutions à la crise alimentaire. En réalité, ce sont les sociétés multinationales qui ont contribué de façon active à créer cette crise.

Les propos tenus par le Président de Nestlé lors de la conférence de la FAO et du secteur privé le 12 NOV à Milan sont particulièrement choquants, compte tenu des campagnes effectuées par Nestlé pour décourager l’allaitement maternel et commercialiser leurs produits de substitution dans les pays en voie de développement.

Pendant la crise alimentaire, de nombreuses sociétés multinationales ont augmenté leurs profits. Elles ont également joué un rôle fondamental dans l'accroissement de la faim dans le monde, à travers leur contrôle de la production des denrées alimentaires et des ressources naturelles, telles que l’eau et la terre, excluant ainsi les paysans du système de production alimentaire.

Les multinationales ont forcé les changements dans les modes de production agricole, préconisant la production intensive à grande échelle, la production d'agrocarburants, les OGMs et la libéralisation commerciale, dans le seul but d’augmenter leurs profits. Compte tenu des statistiques qui montrent un nombre grandissant de personnes affamées sur la planète, on constate que les stratégies de ces entreprises multinationales ne réduisent pas la faim, elles l'augmentent.

D’ après Javier Sanchez, du syndicat paysan espagnol COAG (membre de la Via Campesina), “Il y a un consensus mondial chez les paysans pour dire que les OGMs permettent aux multinationales de contrôler le marché des semences, et nient aux agriculteurs la possibilité de conserver et reproduire leur propres semences. Les paysans et paysannes n'ont par la suite plus le droit de produire des aliments sans OGMs. C'est un exemple parlant de privatisation des ressources qui va à l'encontre des intérêts communs. La plupart des consommateurs européens ont eu l'intelligence de rejeter ces technologies.

Henry Saragih, coordinateur général de La Via Campesina, fait savoir que dans son pays, en Indonésie, Nestlé contribue à l'appauvrissement des paysans et des paysannes et à la sous-alimentation, particulièrement chez les nourrissons, à travers le contrôle de la production et des prix du secteur laitier.

Au Forum des Peuples pour la Souveraineté alimentaire, parallèle au Sommet Mondial de l’Alimentation qui a lieu à Rome, les organisations de la société civile proposent des solutions réelles qui passent par la souveraineté alimentaire.

“Un autre Monde est possible !”




1 milliard d’habitants en Afrique

Un article que je trouve intéressant issu du site : “populationdata.net”

Le continent africain vient d'atteindre le milliard d'habitants. Longtemps laissé pour compte dans le paysage mondial, exploité de la pire des manières pendant des siècles avec notamment la traite des esclaves, le continent africain peine à trouver ses marques. Aujourd'hui, il pèse de plus en plus lourd démographiquement parlant. Arrivera-t-il à s'imposer et prendre sa place, à se faire respecter en tant que continent adulte ?

Avec désormais plus d'un humain sur sept vivant en Afrique, le continent entre dans le cercle fermé du club des milliardaires en ressources humaines.

Il va même continuer à prendre du poids, car sa population devrait doubler d'ici 2050 et passer à 2 milliards.

Forte fécondité qui se maintient, baisse relative de la mortalité malgré les fléaux comme le sida, la malaria et de nombreuses autres épidémies endémiques, et contrairement à ce que l'on pense souvent dans les pays développés, forte croissance économique et développement important de pans entiers de l'économie et des infrastructures, sont les facteurs clés qui composent le tableau africain actuel.

La mosaïque des pays et son lot de guerres, conflits et tensions en tous genres, habillement exploités par les grandes puissances du monde qui veulent s'arroger les ressources naturelles gigantesques de cet éternel eldorado sont un frein encore important au développement intrinsèque du continent, et à son émancipation de la tutelle des pays riches et de leurs institutions internationales.

L'Afrique se dote petit-à-petit de structures de classe internationale. L'Union Africaine tente ainsi de fédérer l'ensemble des pays du continent, à la manière d'une ONU locale. Mais elle manque toujours de moyens à la hauteur de ses ambitions.

Le poids toujours important, dans une société africaine encore largement sous-éduquée et pour cause, de certaines “traditions”, des religions ou des différences ethniques, exploitées par des dirigeants corrompus souvent à la solde des grands pays importateurs de ressources naturelles, reste également un leitmotiv pour freiner la marche vers le progrès dans un grand nombre de pays.

La démocratie instaurée dans quelques endroits reste fragile, les pressions extérieures comme intérieures sont fortes et peuvent faire basculer les pays africains, même les plus évolués, dans des crises et des guerres civiles meurtrières pour la prise du pouvoir par des groupes armés sans scrupules dirigés par des petits dictateurs sans envergure, avec bien souvent l'assentiment des anciens pays colonisateurs.

L'Afrique doit se faire respecter sur la scène internationale, elle doit prendre son envol seule, avec ses propres moyens et ses propres idées. Les pays riches doivent la respecter et lui laisser le temps de se développer. Elle n'en sera que plus “rentable” pour le reste de la planète, et pas uniquement en termes financiers.

Ainsi, les nombreuses crises locales font souvent fuir dans des conditions épouvantables les jeunes africains, qui débarquent en grand nombre dans des pays où ils ne sont souvent et malheureusement pas les bienvenus, augmentant le ressentiment les uns envers les autres. L'envoi de soldats internationaux dans des zones de conflits est également contre-productif et ne s'accompagne pas de moyens nécessaires au développement. Développement humain de l'Afrique qui seul pourra parvenir à juguler le sous-développement chronique du continent.

L'Afrique peut et doit vivre libre.

L’envolée boursière a de quoi faire peur.

Merci à Slate.fr pour cet article :

L’économie stagne et les actions grimpent. Pourquoi? La réponse est inquiétante.

Certains constats ont des allures de paradoxes. Jugez plutôt: depuis peu, les places financières se portent bien, mais les performances de l'économie sous-jacente ne sont pas de nature à vous rendre optimiste. D'un côté, le fringant indice S&P 500 a grimpé de 53% depuis le creux de mars dernier. De l'autre, si les Etats-Unis affichent un PIB en hausse de 3,5% au troisième trimestre, le chômage n'en reste pas moins élevé ; les revenus stagnent, les consommateurs sont hésitants.

On pourra dire que la bourse est à nouveau dans l'erreur: après tout, les marchés, censés retranscrire l'attitude des investisseurs quant à l'avenir, se sont rarement aussi bien portés qu'en octobre 2007; l'économie américaine était alors sur le point de s'effondrer. Autre hypothèse : l'idée selon laquelle il suffirait de suivre l'évolution de la Bourse pour se faire une idée de la santé de l'économie nationale est tout simplement obsolète.

Le Dow Jones, le S&P 500 et le NASDAQ sont avant tout les indices des grandes sociétés basées en Amérique, pas ceux des PME; ils ont plus leur place au Forum économique mondial de Davos qu'à la Chambre de commerce. Ces entreprises sont de plus en plus mondialisées; elles font tout pour étendre leurs activités à l'étranger. En 2006, selon les chiffres de Standard & Poor's, 238 membres du S&P 500 ont fait état de leurs revenus en faisant la part entre leur chiffre d'affaires généré à l'extérieur des Etats-Unis et celui réalisé à l'intérieur des frontières. Conclusion: pour cette période, ces entreprises ont réalisé à peu près 43,6% de leurs ventes à l'étranger. Pour les grandes sociétés ayant déjà saturé le marché américain, ce dernier n'était presque plus qu'un détail. Au deuxième trimestre 2007, par exemple, 66% des ventes de boissons Coca-Cola ont été réalisées en dehors de l'Amérique du Nord.

Depuis 2006, la récession fait baisser la demande dans beaucoup de secteurs aux Etats-Unis. Nous ne sommes certes pas les seuls à avoir souffert: en 2008, l'économie globale a connu sa première année de baisse depuis la seconde Guerre Mondiale. Mais la croissance est repartie; mieux, dans certains pays - Pérou, Chine, Inde -, elle ne s'est jamais arrêtée. La géographie économique mondiale continue donc d'évoluer; et dans le même temps, chaque année, la part prise par les Etats-Unis dans le produit mondial brut et dans la demande globale s'amoindrit. Ces deux dernières années, la quasi-totalité de la croissance de l'activité économique s'est effectuée hors des frontières américaines. Du coup, le chiffre d'affaires des sociétés basées aux Etats-Unis dépend de plus en plus de l'étranger - des opérations qu'elles y réalisent et des clients qu'elles y trouvent. Cet été, le S&P a mis à jour les résultats des entreprises de l'indice. En 2008, le marché étranger a représenté 47,6% de leur chiffre d'affaires (pour les 253 compagnies - sur 500 - ayant accepté de rendre public ce chiffre); en 2006, cette proportion n'était que de 43,6%. En d'autres termes, en deux ans, le chiffre d'affaires réalisé hors des frontières par les grandes sociétés américaines a grimpé de 9,8%. Pour 2009, il approchera sans doute les 50%.

Si au moins ces entreprises se tournaient vers l'étranger pour vendre des produits fabriqués en Amérique, cette évolution serait des plus bénéfiques pour l'économie - et les travailleurs - des Etats-Unis. Mais les choses ne fonctionnent pas ainsi. Dans les mois ayant suivi la crise mondiale du crédit, les exportations américaines ont chuté. Elles ont touché le fond en avril, avec un total de 120,6 milliards de dollars, et bien qu'elles soient à nouveau à la hausse, le total du mois d'août 2009 est tout de même inférieur de 20% à celui du mois d'août 2008. C'est ainsi: la mondialisation est en train de transformer le monde des affaires. Le problème, ce n'est pas que les grandes sociétés américaines vendent des produits américains (hamburgers, sodas, voitures, logiciels) en dehors de nos frontières; le problème, c'est qu'elles fabriquent ces produits à l'étranger, et qu'elles les vendent à l'étranger.

Voyez cet article du Financial Times, qui annonçait dernièrement la sortie d'un film de Disney, Book of Masters:

«Disney se lance activement dans la production de films produits à l'étranger, pour un public étranger. Book of Masters - tiré d'un conte de fée russe; réalisé en Russie par des artistes russes -  en est le dernier exemple en date», affirme le quotidien. Comme le dit Robert Iger, PDG de Disney: «Nous ne pourrions pas faire évoluer la marque Disney (…) si nous nous contentions de produire nos films aux Etats-Unis et de les  exporter vers le reste du monde.» Si Book of Masters est un succès, les actionnaires américains de Disney auront de quoi se réjouir - les employés de la société basés aux Etats-Unis auront, eux, toutes les raisons de faire grise mine. Autre exemple: General Motors. En Chine, les ventes de GM grimpent actuellement en flèche. La société y a vendu 1,3 million de véhicules sur les neuf derniers mois de l'année; plus de 181.000 en septembre. Aux Etats-Unis, en revanche, sur la même période, GM a vendu 1,5 million de véhicules - 36,4% de moins que l'année précédente; seulement 156.673 pour le mois de septembre. Le succès que rencontre l'entreprise en Chine est certes excellent pour ses actionnaires comme pour quelques uns de ses cadres. Mais étant donné que la plupart des voitures vendues en Chine y sont également construites, et que les pièces sont issues de l'industrie locale, la hausse des ventes dans l'Empire du Milieu ne va pas donner de travail aux employés syndiqués du Middle West américain.

Hausse des indices boursiers et pouvoir d'achat en très faible évolution ne sont donc pas contradictoires. L'économie mondiale et le rôle qu'y jouent les grandes sociétés américaines se transforment sous l'effet de tendances à grande échelle, et les conséquences d'une telle mutation peuvent être des plus inattendues. Une bourse en hausse durable associée à une consommation en berne: c'était encore impensable hier, mais cela pourrait bien, dès demain, devenir notre pain quotidien.
Daniel Gross

Traduit par Jean-Clément Nau

Complément de l’article précédent : Urgence à l’hopital

Merci à Le Monde.fr pour cet article.

Trop de lits ? Trop de médecins ? Trop d’infirmières ? Trop de malades peut-être ? Le gouvernement s’apprête à supprimer 1.150 postes dans les hôpitaux parisiens en 2010, après 700 postes cette année, et cette perspective étonne. Le professeur Pierre Coriat, président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, menace de démissionner si ce plan n’est pas revu : « Le projet risque de casser l’AP-HP ».

Or rien n’indique que l’hôpital français soit trop cher, ni que la dépense publique de santé soit excessive. Le déficit croissant de l’assurance maladie fait couramment l’objet d’effets de manche et de coups de menton présidentiels. Il ne fait pourtant que témoigner du décalage persistant entre des dépenses qui ne peuvent qu’augmenter, parce que la population vieillit, et des recettes que l’on s’acharne à freiner, en prétendant ainsi favoriser l’emploi.

Les Français abusent-ils de l’hôpital ? Ils passent en moyenne une journée par an dans une unité de soins aigus, selon l’OCDE. C’est une honnête moyenne, très inférieure aux scores allemands ou japonais.

Le nombre des lits d’hôpitaux est-il excessif ? Avec 3,6 lits de soins aigus pour 1.000 habitants, moitié moins qu’en Allemagne, deux fois moins qu’en Corée, la France ne se distingue vraiment pas par des équipements pléthoriques. Cette modération est même paradoxale, dans un pays à très faible densité de population qui compte 36.000 communes.

nombre-de-lits-pour-1000-habitants.1258322350.pngChaque lit d’hôpital mobiliserait-il une profusion d’infirmières ? Difficile de le prétendre.

 La France figure en queue de peloton pour ses effectifs infirmiers par lit de soins aigus : pas plus de 59 pour 100 lits selon l’OCDE, quand on en compte 92 en Belgique, 162 aux Etats-Unis et… 310 au Royaume Uni. C’est un autre phénomène qui menace : des infirmiers faisant le travail de médecins, des aides soignantes faisant office d’infirmières… et bientôt les familles de patients appelés à la rescousse.

efectifs-infirmiers-par-lit-de-soins-aigus.1258322510.pngLa France, où l’assurance maladie couvrait 80% des frais médicaux en 1946, se distingue aujourd’hui par un paradoxe navrant. Selon l’OCDE, la dépense publique de santé par habitant – oui, la dépense publique ! - y est inférieure de 14% à ce qu’elle est aux Etats-Unis, où 40 millions de gens sont encore privés de toute couverture maladie, en attendant la réforme engagée par Barack Obama.

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Le Président Sarkozy prétend souhaiter un meilleur partage de la valeur ajoutée des entreprises entre salariés et actionnaires. La Sécurité sociale lui offre une excellente occasion de passer du discours aux actes. Les cotisations sociales d’employeurs, qui représentaient 19,8% de la valeur ajoutée des entreprises en 1983, n’en représentent plus que 16,1% en 2007, indique l’Insee. Leur part est moindre aujourd’hui qu’en moyenne dans les années 1960 – et cela donne à réfléchir.

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Plan de suppression de postes dans les hôpitaux : un patron menace de démissionner

Message AFP trouvé sur France24.com :

AFP - Le professeur Pierre Coriat, président de la commission médicale d'établissement de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a menacé dimanche de démissionner si un plan de suppressions de 1.150 postes en 2010 n'est pas revu, dans un entretien au Parisien Dimanche.

Si on supprime 1.000 emplois soignants non-médicaux et 150 postes de médecins, cela va nuire à la qualité des soins” et “il faut revoir ce plan de suppressions de postes, sinon je démissionnerai de la présidence de la commission médicale d'établissement”, a déclaré M. Coriat, qui est par ailleurs chef du service anesthésie-réanimation de l'hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière.

“Le projet actuel risque de casser l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Pour calculer le budget de l'hôpital, le ministère de la Santé a sous-estimé notre activité”, ajoute M. Coriat, dénonçant un “cercle vicieux” selon lequel la réduction de personnels risque d'entraîner une diminution de l'activité, une baisse des rentrées d'argent, et une nouvelle réduction d'effectifs.

Le ministère de la Santé fixe tous les ans à cette époque les orientations budgétaires de l'AP-HP.

Selon une source médicale, l'opposition du professeur Coriat à ce plan de suppressions de postes est connue dans le milieu médical, mais sa menace de démission est un fait nouveau.

“D'autres suppressions d'emplois” auront lieu à l'AP-HP, après celle de 700 postes prévue en 2009, avait déclaré en avril le directeur général de l'AP-HP, Benoît Leclercq, devant l?Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

Il avait cependant affirmé ne pas être en mesure de chiffrer ces nouvelles suppressions: “On a une visibilité sur le taux de sorties (…) Sur les rentrées, ça dépendra de la conjoncture”, a-t-il indiqué, faisant allusion aux salariés qui quittent l'AP-HP et à ceux qui sont embauchés.

L'AP-HP regroupe une quarantaine d'établissements hospitaliers publics, principalement situés à Paris et dans sa proche banlieue.

Ne connaissant pas bien le sujet je laisse ce post sans commentaire.

Martial

Pour éviter des questions…

Vous ne trouverez pas sur ce blog de propos, de sujets liés à ce qui peut ressembler à des combats de personnes ou de clans, comme on peut le vivre en ce moment.

Ce blog est tout d'abord destiné à mettre en avant tous les sujets qui amènent réflexions et débats sur un nouveau modèle de société : “Un autre monde est possible !”.

Ce blog se veut aussi alarmiste sur toutes les dérives gouvernementales nationales et mondiales qui vont à l'encontre de nos valeurs.

Enfin, il affiche les actions politiques individuelles qui vont dans le sens de nos valeurs ; certes ne pouvant pas connaître l'exhaustivité de toutes ces actions cela tournera évidemment souvent vers celles des personnes politiques qui me sont personnellement plus proches… Ce sont mes limites, les limites de ce blog…

Alors ne soyez pas déçu si ce blog ne rentre pas dans tous ces débats d'hommes et de clans.

Martial

 

Chatel en guerre contre les chèques contraception de Royal…

Merci à Rue89 pour cet article :

Ségolène Royal entre en rébellion contre le ministère de l'Education nationale. La présidente de Poitou-Charentes a annoncé hier le lancement dans sa région des chéquiers contraception. Mais l'initiative n'est pas du goût de Luc Chatel.

Le ministre de l'Education nationale a ainsi estimé que l'Etat n'avait pas à se substituer au planning familial. Ce même planning qui avait dû se battre pour conserver son budget au printemps 2009 lors d'une période de rigueur financière. Un constat qui n'a pas échappé à Christiane Allain, secrétaire général de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE) :

« Je trouve que c'est étonnant quand on sait que le gouvernement auquel appartient Luc Chatel a cherché à supprimer une partie du financement du planning. Je suis ravie de voir que le ministre le défend mais il devrait le faire savoir à son gouvernement ou au président de la République. »

Blocage de l'Etat

La réponse de Luc Chatel n'a pourtant pas refroidi Ségolène Royal qui a d'ores et déjà décidé de poursuivre le projet sans l'aval de l'Etat :

« Il y a un blocage du ministère de l'Education nationale, je vais le faire quand même parce que je veux lutter contre les grossesses précoces des filles mineures », déclarait l'ancienne candidate à la présidence sur RMC Info et BFM TV.

Les chèques devraient ainsi être envoyées dès le début de la semaine aux lycéennes. Donnant accès à des consultations médicales gratuites, à l'achat de contraceptifs, à des analyses médicales ou encore à une visite de contrôle.

Seul problème, les infirmières scolaires, qui devaient servir de relais entre les élèves et la Région et assurer la distribution des chèques, sont liées au rectorat. Et donc à l'Etat. Une situation que déplore Isabelle Duponteil, du Syndicat national des infirmiers et conseillers de santé (SNICS) :

« Nous souhaitons que les chéquiers soient le plus rapidement disponibles. Mais tant qu'il y aura ce blocage, aucune d'entre nous ne pourra les distribuer. Pourtant, c'est un projet qui a le soutien de la profession. »

Un projet à l'unanimité mais une opposition de principe

Le dispositif semblait ainsi bénéficier de l'accord des principaux intéressés. Des infirmières scolaires aux parents d'élèves, représentés par Christiane Allain :

« L'infirmière scolaire est la mieux placée car elle est un référent de proximité et de confiance. Selon le public, elle peut inciter les personnes à dialoguer avec leur famille ou avec le planning familial. En dernier recours, elle pourra utiliser la solution des carnets de tickets. L'infirmière scolaire doit permettre de maintenir ce dialogue. »

Alors que le dispositif avait été votée par le Conseil régional en mars dernier, la position du ministère est donc difficilement compréhensible. Et va surtout à l'encontre de la consultation organisée à l'époque et confirmée par les différents protagonistes. Contactée par Rue89 Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF), s'interroge :

« L'Education Nationale n'était sollicitée que sur un seul point. Celui des infirmières et des médecins scolaires qui devaient servir de relais dans les lycées. Le ministère ne se sent pas concerné, il a un énorme problème avec la sexualité des jeunes. Il a un discours ambivalent concernant le projet de Ségolène Royal. Je ne comprends pas quelle en est la base. Si ce n'est une opposition de principe »…

Car, si le projet a un impact médiatique, il n'a pour l'Etat, aucun coût financier. La région le finançant à hauteur de 300 000 euros. Entre ambitions régionales et frein de l'Etat, reste aux syndicats de parents d'élèves et d'infirmières scolaires à s'accrocher.

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